Mercredi 18 novembre 2009

L'info est presque passée inapperçue. Noyée entre la réforme de la taxe professionnelle et les histoires de courants au PS, peu l'ont soulevée, aucun ne l'a réellement commentée. Et pourtant - à mes yeux en tout cas -  il s'agit sans aucun doute de l'info la plus importante de ce début de semaine : emmenés par le Bâtonnier de Paris, Me Christian CHARRIERE-BOURNAZEL, une grande partie de la profession d'avocat a décidé de se battre pour la reconnaissance de la nullité des procédures de garde à vue (GAV) en France. Quand on sait les implications de la GAV sur l'ensemble du processus de la Justice, l'on ne peut que s'étonner (et déplorer) que cela n'interpelle pas davantage le pays, les médias et les politiques.

Quel est le problème ? En France, l'avocat ne peut voir son client qu'une toute petite demie-heure en début de GAV. Il n'a aucun accès au dossier. Il n'assiste pas aux interrogatoires. Autant dire qu'il ne sert à rien. Or selon deux arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme (novembre 2008 et octobre 2009), l'accès de l'avocat à son client dès le premier interrogatoire est un élément essentiel du procès équitable... Donc, comme la Turquie, force est de constater que la France viole elle aussi les Droits de l'Homme.


Certes, l'on peut toujours disserter des heures sur la question de savoir ce qu'il faut entendre précisément et juridiquement par "accès à son client", ou par "dès le premier interrogatoire"... Mais cela ne change rien à la réalité de la nature profondément injuste de notre procédure pénale. Il est anormal, en République, qu'un suspect soit interrogé par la puissance publique en l'absence de son avocat.
Comment justifier qu'un suspect - qui souvent n'a jamais eu affaire à la justice (les multi-récidivistes sont une extrème minorité, on ne le dira jamais assez), qui n'a aucune connaissance du droit applicable à sa situation, et qui est fréquemment impressionné, déconcerté et parfois apeuré - soit confronté seul à des professionnels du droit et des techniques d'interrogatoire les plus abouties ??!! Expliquez-moi ou est la Justice dans tout ça... et pourquoi nous, société, agissons comme celà.

Les avocats ne comptent plus le nombre de leurs clients - réellement innocents - qui ont livré des aveux complètement fantaisistes uniquement parce qu'ils n'en pouvaient plus de la pression de la GAV. Combien de vies, combien de familles ont été inutilement bousillées de cette façon ? Il faut que cela cesse. Maintenant !

Par Benoit PETIT - Publié dans : Politique intérieure et libertés
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Vendredi 13 novembre 2009

Quand je vous disais qu'il nous prend vraiment pour des c...



Par Benoit PETIT - Publié dans : Politique intérieure et libertés
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Vendredi 13 novembre 2009

«Devenir français c'est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des mœurs». Rien ne résume mieux le sarkozisme que cette petite phrase lancée par le Président en personne à l’occasion de son grand discours sur l’identité nationale. Ce qui est en jeu ici n’est pas uniquement la teinte du discours pré-électoral de la majorité présidentielle (laquelle cherche, à quelques mois des régionales, à maintenir à tout prix dans ses rangs son électorat le plus radical et le plus perméable aux idées du FN). Ce qui est en jeu est aussi - et surtout - la clarification d’un projet politique, d’une vision précise de la France et de son avenir qui rompt manifestement avec notre tradition républicaine.

 

 

Que nous révèle cette phrase de la pensée obscure du Président ? Tout d’abord, que la problématique centrale du débat sur l’identité nationale serait l’acquisition de la nationalité française, et plus précisément la finalité irréductible de cette démarche. Nicolas SARKOZY aurait parfaitement pu débuter sa phrase par « Etre français c’est… », ce qui aurait traduit la conviction que si problème d’identité nationale il y a, il concerne toute la collectivité nationale (position  qui peut se défendre). Mais ce n’est justement pas la conviction du Président. Pour lui, le problème de l’identité nationale se pose essentiellement au niveau des populations immigrantes, tous ces « autres » qui veulent devenir « nous » et qui – du point de vue de l’Elysée, je précise – pertuberaient l’identité nationale par leur refus d’adhérer aux valeurs de la France.

 

Pour consolider cette thèse, Nicolas SARKOZY reprend à son compte tout un tas de vieux clichés totalement infondés. Le pire ? «On ne peut pas vouloir bénéficier des allocations-chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail parce que les allocations sont payées par les autres ». Sous-entendu : ceux qui veulent devenir Français pour profiter de notre modèle social n’ont pas vocation à l’être… En soi, nous sommes tous d’accord avec cela car la contribution de chacun à la solidarité nationale est effectivement une valeur républicaine fondamentale (du reste, on aimerait que ce principe soit mieux garanti en ce qui concerne la contribution des plus riches, mais passons…). Mais dire une vérité n’est pas nécessairement dire une réalité. A combien le Président estime-t-il le nombre de ces « nationalisés » qui sont devenus Français uniquement pour profiter de la Sécu ? N’y a-t-il pas surtout beaucoup de Français par la naissance qui abusent et fraudent notre système social ? Faut-il comprendre que le sarkozisme postule un lien direct (mais jamais démontré) entre la fraude sociale et l’immigation ? En tout cas, manifestement, il n’y a pas qu’au FN que ce genre de théorie « monstrueuse » circule…

 

 

Ensuite, cette phrase illustrative de la pensée présidentielle nous apprend que devenir Français, c’est « adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des mœurs ». Ce n’est pas la première fois que le Président SARKOZY évoque cette notion de « civilisation ». Fin 2007, le terme avait déjà été employé pour justifier la proposition d’une nouvelle politique. « Notre vieux monde a besoin d'une nouvelle Renaissance », disait-il alors, et la France doit être « l’âme de cette Renaissance ». De l’aveu présidentiel, la sarko-civilisation s’inscrit dans la rupture. Sa politique serait «la politique de la vie», nécessaire «quand il faut rétablir des normes, des critères, des repères». Très bien, mais lesquels ? Ceux des Eglises qui, frétillantes à la proposition d’une « Laïcité positive », espèrent bien pouvoir re-diffuser leurs valeurs moralo-religieuses sur toute la sphère juridique et institutionnelle française ? Ou bien alors ceux de la droite sécuritaire qui, prise d’une frénésie de réformes pénales et d’actes de fichage, cherche à tout prix à réduire les libertés publiques et individuelles en vue de mieux contrôler les comportements des gens ? Peut-être s’agit-il de construire cette civilisation des grands financiers, où toute considération éthique est immédiatement écartée du jeu de l’économie et du social ? Espérons en tout cas - mais rien n’est moins sur - qu’il n’est pas question d’une civilisation où la délation serait un devoir citoyen (cf. Frédéric LEFEBVRE) et où les écrivains seraient soumis à un devoir de réserve à l’égard du politique (cf. Eric RAOULT). Déjà que nous en sommes à renvoyer, par la force républicaine, des êtres humains dans leur pays en guerre…

 

 

La question m’obsède : comment la droite républicaine, issue de la démocratie chrétienne, du gaullisme ou encore du radicalisme, héritière d’une histoire riche en résistances contre l’autoritarisme et l’antihumanisme, peut-elle à ce point se taire face à qui constitue, de toute évidence, une remise en cause majeure de leurs fondamentaux doctrinaux ? Je refuse de croire que cette droite là n’existe plus, et si je ne partage pas nécessairement ses analyses et ses propositions, je souhaite vivement pour mon pays qu’elle émerge de nouveau sur les cendres de la droite actuelle.

 

Parce que justement, je suis de ceux qui pensent qu’effectivement, il y a bien un problème d’identité nationale. Un gigantèsque même. Celui causé par la disparition progressive et programmée de l’idéal républicain ; par la destruction systématique de toutes ces valeurs de solidarité et de tolérance, d’humanité même, qui étaient jadis partagée par la droite et la gauche réunies. Le sarkozisme est un projet de rupture civilisationnelle, comme l’avait effectivement indiqué le candidat SARKOZY en 2006-2007, parce qu’il postule la substitution de l’idéal républicain par son antithèse (ce que, pour le coup, le candidat SARKOZY avait omis de préciser). Les électeurs de droite devraient garder cela en tête. Le mythe de la « droite unie » ne doit pas être l’excuse de leur complicité !

 

 

Mon identité nationale, MM. SARKOZY, BESSON, HORTEFEUX (et tous les autres), c’est justement la certitude que « l’homme nait débiteur de l’association humaine » (Léon BOURGEOIS, Prix nobel français) ; qu’en conséquence, le Français est responsable d’un héritage républicain qu’il doit défendre contre des idées comme les vôtres ; qu’en aucun cas, il ne peut accepter qu’au nom de vos intérêts électoralistes, vous travestissiez ses convictions et ses engagements pour saper méthodiquement les valeurs qui nous rassemblent tous. Je crois en la solidarité nationale, et je crois aussi dans les bienfaits civilisationnels des brassages culturels. Contrairement à votre majorité, je pense que celui qui quitte son pays pour devenir Français, quelles que soient ses raisons, ne sera jamais un problème national. Le problème national, c’est au contraire le discours qui tend gratuitement à les stigmatiser, et les actes d’irrespect à l’égard de leurs histoires personnelles.

 

Ne venez pas nous donner des leçons d’identité nationale, M. le Président. Les Français n’en ont pas besoin, et encore moins n’ont besoin d’être traités comme des sujets à ré-éduquer ! Il serait temps de vous intéresser sérieusement à d’autres sujets, bien plus urgents et en tout cas bien plus fidèles à la tradition républicaine. Vous avez été élu pour cela !


 

Par Benoit PETIT - Publié dans : Politique intérieure et libertés
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Jeudi 12 novembre 2009

Tandis que Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ne se quittent plus (surtout pas devant les caméras), il s'est passé une petite révolution en France : une institutrice, engagée depuis 11 ans dans un combat pour l'adoption en tant que célibataire, vient en effet d'obtenir une décision remarquable du Tribunal administratif de Besançon.
Contre la décision du Conseil général, le juge considère que "les conditions d'accueil offertes par la requérante sur les plans familial, éducatif et psychologique correspondent aux besoins et à l'intérêt d'un enfant adopté", cette affirmation tenant compte du fait que la requérante est en couple homosexuel. Pour la première fois, la Justice dit pour droit que le couple homosexuel ne présente aucun risque éducatif et psychologique pour les enfants qu'ils élèvent... L'un des plus vieux préjugés vient de tomber ! Bravo la Justice !!

En bon juriste, je recommanderais évidemment de conserver une certaine prudence vis-à-vis de cette décision. Elle n'est pas rendue par le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative du pays, donc nul n'est à l'abri d'un nouveau retournement de jurisprudence. Mais tout de même, la position du TA semble consolidée à bien des égards :

- juridiquement d'abord, car avant la décision du TA, l'institutrice avait saisi la Cour européenne des droits de l'Homme, laquelle a rappelé deux-trois vérités à la France (en janvier 2008) : le fait que les couples homosexuels et hétérosexuels n'aient pas les mêmes droits vis-à-vis de l'adoption constitue une discrimination qui n'est pas justifiée par le seul critère pertinent en la matière, à savoir les capacités éducatives et affectives de l'adoptant.

- institutionnellement ensuite, car la Haute autorité de lutte contre les discriminations défend l'exacte même analyse que la CEDH. Quant au Gouvernement, certains de ses membres - et la Secrétaire d'Etat à la Famille en tête - sont partisans de l'adoption par les personnes homosexuels.

Depuis 30 ans que la communauté scientifique et médicale étudie les très nombreuses familles homoparentales, aucune publication (dans les grandes revues internationales, je précise) n'a jamais démontré l'once du début d'un risque pour les enfants et leur construction psychique. Au contraire, plusieurs - dont certaines du CNRS - démontrent l'absence de risque, prouvant bien que l'interdit juridique reposait avant tout sur une conception moralisante de la société.

Il est difficile de se battre contre un dogme quasi-culturel, en tout cas religieux. Hélas, nous ne serons jamais 100% de Français à penser qu'il n'y a aucun problème moral ou sociétal à laisser les couples homosexuels le droit de vivre leur parentalité. On éfface pas en quelques années des siècles de croyances et de préjugés.
Mais le fait que nous ne serons jamais unanimes sur la question ne rend pas l'interdiction légitime pour autant, et encore moins juste. L'important est de rétablir le droit de chacun de décider librement de la manière dont il entend organiser sa filiation. C'est désormais fait.

Ou presque. Parce que cette décision, aussi essentielle qu'elle soit, est loin de se suffire. Reste l'épineuse question du mariage homosexuel. Mais en toute logique, si la Justice considère que l'homosexualité n'est pas un obstacle à la parentalité, alors l'interdiction du mariage homosexuel ne tient plus. Car c'était la le principal argument avancé par l'Etat pour empêcher à une telle réforme (la République, laïque, étant obligée par nature - et c'est heureux ! - d'écarter tous les arguments religio-moraux).

La balle est donc dans le camp de Nicolas SARKOZY... Lui qui est si prompt à réagir au premier fait divers venu, réagira-t-il avec autant de célérité face à cette décision de justice ? La Loi doit changer, parce que le Juge nous dit, avec indépendance et objectivité, que la Loi est contraire aux droits de l'Homme. Donc le Gouvernement doit bouger. Il doit proposer sans délais l'ouverture du mariage aux homosexuels, et, biensur, l'adoption.

A défaut, le Président et son Gouvernement enverraient le message que des considérations religio-morales sont en fin de compte susceptibles de justifier une discrimination d'Etat contraire aux droits de l'Homme... Clairement, la passivité dans cette affaire serait un nouveau coup de canif de la majorité présidentielle à l'idéal républicain.

Un peu courage, bon sang, mesdames et messieurs les gouvernants ! Le juge vient de vous macher presque tout le travail. Maintenant, c'est plus qu'une question de volonté !


 
Par Benoit PETIT - Publié dans : Politique intérieure et libertés
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Mercredi 11 novembre 2009

Faut-il craindre un échec à Copenhague dans un mois ? A l’issue des ultimes discussions préparatoires qui se sont tenues à Barcelone début novembre, l’hypothèse est en tout cas sérieusement redoutée. Principal point d’achoppement : l’aide économique aux pays les plus pauvres, destinée à les accompagner dans leur adaptation aux changements climatiques. Le sujet est central, non pas tant parce qu’il incarne l’enjeu de la solidarité internationale, mais parce qu’il pose, en fin de compte, la question du changement climatique sous l’angle de la responsabilité. L’aide serait ainsi une forme d’expression de la justice écologique, la compensation versée par les Etats les plus pollueurs à leurs victimes. Reste à déterminer qui sont ces Etats les plus pollueurs, le coût collectif de leurs fautes, et les mécanismes de réparation envisageables… bref des questions en suspend qui ne sont que sources de désaccords et de tensions entre les 175 pays négociateurs.


En fait si tout le monde se complait à communiquer sur l’importance de la lutte contre le changement climatique, dans la pratique personne n’est à l’aise avec le dossier. Cela implique des bouleversements économiques et industriels tels que les pouvoirs publics se heurtent à d’intenses lobbyings, quand ils ne sont pas purement et simplement découragés. Du coup, l’espoir de Copenhague tourne un peu vinaigre. L’écologie devient peu à peu l’argument politique (non-sincère ?) qui justifie les stratégies économiques traditionnelles des uns et des autres. Rien ne change, surtout pas l’essentiel (au contraire !), sauf peut-être l’enrobage médiatique.   


Les Etats-Unis tout d’abord. L’acteur décisif du sommet n’a pas encore dévoilé ses intentions. OBAMA déclare attendre que le Sénat rattifie sa loi sur le Climat avant de s’engager sur des objectifs chiffrés. Dont acte. Mais du coup, toute la machine est grippée. Car tout le monde semble avoir parfaitement retenu la (très désagréable) leçon de Kyoto : personne ne s’engagera juridiquement sur le Climat si les USA ne sont pas moteurs de Copenhague. Le Président américain aurait du anticiper cette réaction parfaitement logique de la communauté internationale, sauf à vouloir délibérément reporter la signature d’un accord contraignant… hypothèse somme toute probable quand on sait la puissance des lobbies industriels aux Etats-Unis.  


Les Chinois (premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre) poursuivent quant à eux une stratégie toute personnelle. Ces derniers tentent astucieusement de nuançer l’importance du réchauffement climatique pour les pays émergeants et les pays pauvres, et préconisent plutôt de concentrer l’action internationale sur la lutte contre la pauvreté. Evidemment la sincérité du positionnement « social » de Pekin laisse sceptique, surtout si l’on considère la politique sociale intérieure de la Chine. En revanche si l’on considère sa politique économique extérieure, et particulièrement son caractère très offensif sur les marchés africains des ressources naturelles, l’on comprend qu’en se faisant le porte-parole des pays pauvres, et en reléguant comme elle le fait les enjeux écologiques au second plan, la Chine se prépare de belles années de pollution devant elle.


S’agissant du Brésil et de l’Inde, les préoccupations sont différentes. Ils mettent surtout la pression sur l’Oncle Sam en réclamant de lui des efforts drastiques de réduction d’emissions ( -20% en 2020 par rapport à 1990… là où OBAMA évoque un petit -4% !!). Sachant déjà que leur démarche sera vaine, l’un et l’autre en ont profité pour se dégager de leurs responsabilités, le Brésil en indiquant qu’il se contenterait d’agir contre la déforestation plutôt que les GES, et l’Inde en expliquant qu’il ne se sentira lié par aucune disposition internationale contraignante. Belle manière de botter en touche !


Et l’Europe dans tout ça ?  9 Etats membres d’Europe centrale, menés par la Pologne et la Roumanie, sont montés au créneau pour expliquer qu’à partir du moment où personne ne voulait payer, pourquoi payeraient-ils pour les autres ? Ce « je-m’en-foutisme » climatique - assumé visiblement - reflète pourtant bien les positions (très) libérales défendues traditionnellement par ces pays depuis leur intégration dans l’Union. Il faut croire qu’en définitive, ce club des « 9 » dit tout haut ce que Paris, Berlin et Londres pensent tout bas, puisque la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont réaffirmé que l’Europe ne s’engagerait qu’en fonction des engagements des Etats-Unis et de la Chine… lesquels, on l’a vu, n’ont pas très envie de s’engager.


 


 

Bref, le serpent se mord la queue : les uns se sentiront responsables quand les autres le seront, et inversement. D’ici là, chacun fait ce qui lui plait. C’est certain : avec de tels raisonnements, Copenhague n’a aucune chance d’aboutir. Tant que nos gouvernements refuseront de considérer le changement climatique comme une responsabilité collective indivisible, qui exige de repenser fondamentalement l’ensemble des stratégies économiques et industrielles nationales, nous n’avanceront pas.


Déjà, les observateurs internationaux évoquent un « Sommet de Mexico », fin 2010, Copenhague devant déboucher simplement sur une déclaration commune, laquelle servirait de cadre politique pour la rencontre suivante. Mais à force de toujours repousser les décisions inévitables, la situation de la planète empire, et avec elle, celles de tous les êtres vivants.


Il nous reste un petit mois pour aller chercher la déclaration commune la plus ambitieuse possible, puisque nous n’avons plus le choix, et de nous mettre sérieusement au travail pour Mexico 2010… Nous devons obtenirs de nos parlementaires et de nos gouvernants qu’ils changent radicalement leur approche, et qu’ils se mettent sérieusement au boulot pour sauver notre avenir !

Par Benoit PETIT - Publié dans : Europe et géo-politique
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Mardi 10 novembre 2009

Sur le blog de Cyril Di MEO, l'on peut lire le communiqué du PCF local annonçant la constitution de leur liste autonome aux prochaines régionales. Voila qui met Michel VAUZELLE en situation de rassembler seulement au second tour, avec une partie de sa majorité (les écologistes et maintenant la "gauche anticapitaliste de gouvernement") qui entend tenter sa chance et découvrir son poids électoral réel.

La question est de savoir si le Président du Conseil régional PACA peut s'offrir un premier tour solo sans que son image ou son poids politique n'en sortent écornés, ou s'il est plus prudent d'assurer le coup avant le grand rassemblement du second tour ?
Ce que l'on peut dores et déja dire c'est que la stratégie de l'UMP est très offensive. Même si personne ne le confirmera officiellement, personne n'est dupe sur la vocation de la liste BOMPARD. Diviser l'électorat d'extrême-droite en présentant contre le FN une liste dont le discours est plus radical encore que celui de LE PEN... c'est vieux comme le monde mais ça marche. En tout état de cause, ces régionales débutent dans le Vaucluse, et se présentent plutôt bien pour la droite. La liste BOMPARD pourrait en effet bien permettre à l'UMP d'être seuls à droite, au second tour.

Quant à Michel VAUZELLE, rien ne dit qu'Europe Ecologie, s'ils devaient dépasser la barre des 10%, se retirerait du second tour. On sait le mouvement écologiste très divisé sur la question, entre ceux (plutôt des Verts) qui veulent juste renforcer leur position au sein d'une coalition de gauche menée par le PS, et ceux (plutôt société civile) qui veulent autonomiser l'écologie politique par rapport au PS. Localement, peut-on imaginer qu'Annick DELHAYE, Vice-Présidente du Conseil régional, et donc solidaire de l'action passée de VAUZELLE, risquerait la rupture avec celui-ci ? On verra bien, mais je reste sceptique.


Voila en tout cas Michel VAUZELLE en nécessité de bouger. L'alliance avec le MoDem n'est donc plus tout à fait une hypopthèse farfelue, d'autant que l'extrême gauche n'est plus là pour crier au scandal. Ce n'est un secret pour personne : beaucoup de hauts responsables socialistes de la région plaident pour cette alliance, et à plus long terme, le mode de scrutin envisagé pour les futurs conseillers territoriaux aussi. N'oublions tout de même pas que Thierry MARIANI et l'UMP ont des chances sérieuses de reprendre la Région. Il y a là matière à éviter de se gourer dans la stratégie...

Que cela plaise ou non aux idéologues conservateurs, nous sommes tous pris dans le piège du sarkozisme. Ils ont un parti qui rassemble toute la droite, de la plus modérée jusqu'à la plus radicale, alors que les forces d'opposition sont divisées et en quête de plus d'autonomie et d'émulation. Avec le système électoral de la République, ils vont gagner à tous les coups, même s'ils sont détestés. C'est une question d'arithmétique... implacable.

Affaire à suivre donc, mais à peu près tout se joue en ce moment. L'avenir de la Région évidemment, mais bien plus que celà encore, croyez-moi !

Par Benoit PETIT - Publié dans : Zoom local : en PACA
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Lundi 9 novembre 2009

CA Y EST : LANCEMENT OFFICIEL DU SITE "NoPib"

NoPib est une association dont la vocation est de sensibiliser l'opinion et les politiques sur la nécessité de changer les indicateurs économiques afin de parvenir au développement durable. C'est uniquement en intégrant des indicateurs éthiques et qualitatifs que nous serons en mesure de lutter efficacement contre le changement climatique, et pour un capitalisme respectueux des hommes et de la nature. C'est du reste le combat de Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d'Economie, et de beaucoup d'ONG et organismes internationaux.

Venez découvrir ce site qui relance le débat publique vers l'intérêt général et l'innovation. Mon blog est partenaire actif de NoPib !

Indispensable dans vos favoris !!


Par Benoit PETIT - Publié dans : Du côté des écolos
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Lundi 9 novembre 2009

S’il y a bien une ville pour laquelle l’Europe doit rester éternellement reconnaissante, c’est Berlin. Ce mur dont nous commémorons aujourd’hui la chute est le témoignage douloureux du  sacrifice (admirable) consenti par ses habitants : l’acceptation de la séparation brutale et définitive d’avec leurs familles, leurs amis, leur histoire et leur culture. Grâce aux Berlinois, l’Europe a pu rester une terre de paix, alors même que les tensions internationales flirtaient tous les jours avec la guerre atomique. Je suis de ceux qui pensent que si un jour l’Union européenne devenait un véritable Etat fédéral, Berlin devrait être sa capitale.

 

Il est difficile, 20 ans après, de relater la vérité de ce que les Berlinois ont vécu. Parce qu’il y a toute une charge émotionnelle qui s’est (heureusement) évaporée avec le temps. Certes nous gardons de précieuses archives, nous connaissons les chronologies des évènements, nous écoutons les témoignages des victimes. Mais il faut avoir été Berlinois à cette époque pour comprendre très exactement toute la complexité de ces 28 années de cloisonnement (de juin 1961 à novembre 1989). Le régime de Walter ULBRICHT et d’Enrich HONECKER, l’occupation de l’armée soviétique, le blocus, les 588 tués lors de leur tentative de passage à l’Ouest, les 38 818 passages réussis, les 293 miradors, ces milliers de Berlinois de l’Est qui préféré se battre pour démocratiser la RDA de façon pacifique, plutôt que de quitter ce pays si dangereux pour eux… non tout cela, et tout le reste, nous autres, les non Berlinois de l’époque, nous ignorons ce que cela représente. Finalement, J.F.KENNEDY n’avait pas complètement raison lorsqu’il a déclaré « Ich bin ein Berliner » (« Je suis un Berlinois »)… L’expérience est à mon sens trop intime, trop inhumaine, trop intérieure pour que la phrase soit vraie.

 

Enfin de compte, il y a 20 ans c’est déjà l’Histoire, objective et imparfaite par nature, qui se livre à nous comme une source inépuisable de progrès. Le Mur, c’est tout ce que nous ne voulons plus jamais en Europe et dans le monde. C’est le repoussoir de toutes les tentations autoritaristes. C’est le souvenir de notre inhumanité.

Avons-nous seulement tiré toutes les leçons d’il y a 20 ans ? Celles économiques, certainement. Mais quid de celles qui sont politiques ? Ou se cachent, de nos jours, toutes ces idéologies qui ont, jadis, imaginé le Mur et l’ont fait vivre pendant presque 30 ans ? Combien d’autres « murs » se sont construits depuis, ailleurs dans le monde ? Quand allons-nous enfin comprendre le sens du sacrifice des Berlinois ?

 

Tâchons de ne pas occulter toutes ces questions, en ces temps de commémoration… leurs réponses sont la clé de notre avenir !  

Par Benoit PETIT - Publié dans : Europe et géo-politique
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Samedi 7 novembre 2009

Dans "La Voix est libre" de ce matin (lien temporaire vers l'emission), Jean-Luc BENNAHMIAS - Eurodéputé et Vice-Président du MoDem - s'est déclaré en faveur d'un grand parti démocrate, écologiste et social. Dans la continuité de la démarche d'ouverture et de dialogue initiée chez Vincent PEILLON (PS) a Marseille à la fin de l'été, JLB fait ici preuve de beaucoup de lucidité politique. La réorganisation des forces de l'opposition doit se faire autour d'un projet de société commun, celui de la défense des valeurs républicaines, des libertés individuelles et collectives, et biensur de la promotion du développement durable.

Ce rêve d'un grand parti "D.E. & S.", nous l'expérimentons déjà à Aix-en-Provence, où le MoDem, le PS et Europe Ecologie travaillent ensemble au sein d'un groupe unique d'opposition. Je peux témoigner de la facilité avec laquelle ces trois composantes s'articulent, sans jamais trahir ni renoncer à leurs identités respectives.

Chacun peut effectivement avoir de bonnes raisons pour plaider pour une liste autonome aux régionales, s'agissant de son parti : retrouver ses valeurs et sa doctrine, défendre une problématique spécifique dans le débat public, assurer une position de leadership parmi les oppositions... Mais avec le scrutin uninominal à un tour qui se profile à l'horizon, et la perspective d'une réélection de Nicolas SARKOZY en 2012, il me semble que les raisons en faveur d'une liste unique des forces progressistes s'imposent sur toutes les autres.

Il y a des moments où l'intérêt général requiert que l'on mette de côtés ses statégies personnelles, que l'on oublie ce qui divise, et que l'on célèbre ce qui rassemble. C'est évident pour personne. Mais c'est indispensable si l'on veut sauver ce qui peut l'être encore. Sans doute, ces régionales seront une nouvelle occasion manquée. Tâchons néanmoins de réussir d'ici la prochaine présidentielle !


Par Benoit PETIT - Publié dans : Du côté des autres progressistes
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Samedi 7 novembre 2009

Nous sommes donc arrivés à mi-mandat présidentiel. D’habitude, à cette période de la vie politique, les médias nous gavent de commentaires, d’analyses et de premiers bilans. Les plumes sont vives et acérées, les langues sont bien fourchues. Rien n’est épargné au Président de la République, ni le mauvais, encore moins le pire.

 

Mais cette fois-ci, franchement, c’est à peine si l’on en parle. Le service minimum de la critique ! Certes, l’on évoque Clearstram, Rama Yade, la fronde des sénateurs UMP, les manifs… mais parce qu’il faut bien relater l’existant. C’est le ton des commentaires, surtout, qui interpelle. Cette fausse objectivité, presque hypocrisie, qui auto-interdit le journaliste télé d’écorner plus qu’il ne le faut le tout-puissant Président. Si la télé est « neutre », alors L’Elysée s’en contentera. Les contestataires les plus violents et/ou les plus pertinents n’auront guère plus que la presse écrite pour s’exprimer… presse écrite que plus personne (ou presque) ne lit, et qui est, de toutes les façons, contrôlée - pour la grande majorité des titres - par les amis industriels de Nicolas. Nous le savons tous, au moins intuitivement.

 

Pourtant il y en a des choses à dire, au bout de 2 ans ½. Et des choses graves. Des choses qui touchent la République, nos libertés, nos droits, nos devoirs aussi. Des choses qui sortent du cadre du programme électoral de 2007, et pour lesquelles les électeurs sarkozistes, majoritaires, n’ont pas donné l’aval des urnes.  Des abus de pouvoir, comme dirait Bayrou ? Non. Je dirais plutôt les actes de naissance d’un nouvel absolutisme républicain ; la démonstration que le sarkozisme n’est, finalement, qu’un clone de la République, qui présente certes la même apparence institutionnelle, mais dont les valeurs et les politiques sont la négation destructrice de l’idéal républicain français.

 

Les preuves sont partout autour de nous, tous les jours : les attaques contre le droit des mineurs, les fichiers de police, les atteintes à l’indépendance de la justice et la présomption d’innocence, la réforme de la carte hospitalière, la politique de lutte contre les flux migratoires illégaux, la stigmatisation des salariés en lutte, l’injustice fiscale, la recentralisation des pouvoirs par la réforme des collectivités territoriales, etc… Chaque semaine, l’Elysée utilise les moyens de la République, ses contradictions et ses paradoxes, pour faire reculer encore et toujours ses valeurs et ses principes. Et ceci dans l’indifférence populaire la plus totale.

 

J’ai parfois l’impression de me retrouver 25 ans en arrière, dans les Etats-Unis de Reagan, lorsque les conservateurs américains ont compris que par la télévision, ils pouvaient contrôler les ressentis et les réactions de l’opinion. La manipulation médiatique à grande échelle et à vocation politique. Voilà ce dans quoi nous entrons, nous petits Français inquiets de la crise. Pour nous rassurer et nous abrutir, les amis du Président produisent et diffusent des idioties télévisuelles à longueur de journée : « toute une histoire », « tournez manège », « la roue de la fortune », « la ferme, célébrités », « sans aucun doute », quand ce n’est pas « le classement des 50 meilleurs fous rires » ou « c’est quoi l’amour ». Sans parler de « Pascal le grand frère », « Secret story » ou « Plus belle la vie »… Tout est fait pour que le citoyen ait le dégoût de la réflexion et du débat ; qu’il s’abreuve de spectacles grossiers et vulgaires ; qu’il se fabrique des rêves sans jamais chercher à les réaliser ; qu’il ne comprenne rien de ce qu’on lui raconte de l’actualité, ni les faits encore moins les enjeux.

 

C’est là tout le problème. L’électeur est devenu docile, controlable et peu curieux du monde réel. Sa passivité politique, voulue et conçue par le pouvoir, permet d’anesthésier la République avant/pendant qu’on l’ampute. Un « baiser de la mort », en quelques sortes…

 

J’aurais aimé entendre cela, à mi-mandat présidentiel. Dans les interviews du 20H. Dans l’interpellation publique des ministres et parlementaires de la majorité présidentielle. Dans les « talk-shows » où, soit-disant, il y aurait des chroniqueurs anti-pensée unique (on en rigole). Hélas, non. Ces choses seront tues. Parce qu’elles sont essentielles et centrales et qu’elles contrecarrent la stratégie de réelection de Nicolas Sarkozy.

 

Soyons en tous conscients. Malgré les apparences des affaires et des manifs, le sarkozisme se porte très bien. Tant qu’il contrôlera l’opinion par les médias de masse, il poursuivra sa seule destinée réelle, celle de substituer l’idéal absolutiste à l’idéal républicain. La manière dont on traite ce mi-mandat en est l’illustration la plus flagrante.

 

Par Benoit PETIT - Publié dans : Politique intérieure et libertés
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